Environnement : Vers un accompagnement complet

Depuis 2009, Decathlon accompagne un panel de fournisseurs afin de réduire les pollutions générées par la production de ses articles de sport. En 2015, l’entreprise a élargi son programme en impliquant un plus grand nombre de fournisseurs. En évaluant les sites de production sur des critères à la fois sociaux et environnementaux, les équipes de Decathlon veulent faire monter les fournisseurs en compétence vers une démarche de responsabilité sociétale globale.

La pollution des eaux : un enjeu incontournable

Certains procédés industriels utilisés pour fabriquer nos produits nécessitent de l’eau qui, une fois utilisée, est la plupart du temps rejetée dans le milieu naturel. Or, l’eau est une ressource vulnérable et inégalement protégée dans le monde. Nous agissons depuis 2014 sur ce sujet prioritaire, avec l’objectif de réduire les risques de contamination pour les populations riveraines.

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Utilisée pour la pêche, l’alimentation, le transport, l’eau est au cœur de multiples enjeux pour les Bangladais (photo prise près de la sortie de la station d’épuration d’un de nos principaux fournisseurs locaux).

Nous constatons aussi une prise en compte croissante des enjeux liés à cette ressource par les États. Nous proposons donc aux fournisseurs concernés des solutions d’accompagnement, ce qui renforce la qualité et la stabilité de nos relations dans le temps.

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L’enjeu de l’eau chez nos sous-traitants, l’exemple de DBL Group. Rajib Talukder, Responsable DD en production
  • Quel est l’enjeu du traitement des eaux pour ce site de production?

    Le processus de teinture textile nécessite des produits chimiques tels que des colorants réactifs. A la fin du processus, sans traitement des eaux usées, ils seraient rejetés et nocifs pour l’environnement. De plus, ce site consomme de grandes quantités d’eau.

  • Comment se sont-ils organisés pour y répondre ?

    Une équipe dédiée gère la station d'épuration et a mis en place plusieurs bonnes pratiques, comme :
    - Un laboratoire intégré pour tester les paramètres de qualité de l’eau
    - Un contrôle automatique de différents paramètres (dont pH et oxygène dissous)
    - Un temps de rétention important pour bien traiter les eaux (minimum 64 heures)

  • Quels sont les résultats obtenus ?

    En raison de ces bonnes pratiques et de la surveillance continue à différentes étapes du processus, la qualité des eaux rejetées est conforme aux exigences de la réglementation locale et à celles de Decathlon, et ce depuis le début de notre animation sur ce sujet. Leur volonté est de préserver durablement l'environnement et de devenir un industriel leader sur ce sujet au Bangladesh.

Fiche technique :

Fournisseur concerné : DBL Group
Activité : teinture textile
Localisation : Kashimpur, Gazipur district, Bangladesh.
Nombre d’employés : 767
Ancienneté dans notre panel : 5 ans
Quantité d’eaux usées rejetées : 76 959 m3 /mois
Cours d’eau de déversement : Turag River
Autre(s) activité(s) dépendante(s) de ce cours d’eau : agriculture, pêche

Sélectionner les sites à fort impact sur l’eau

Deux critères déterminent en 2015 la participation d’un fournisseur à notre programme d’accompagnement :

  • utilisation d’un procédé industriel à fort risque de pollution sur l’eau, comparativement aux autres procédés utilisés pour la fabrication des produits Decathlon, soit les procédés de teinture, de tannerie, de lavage-délavage, et de traitement de surface. Nous en dénombrons environ 400 dans ce premier cas de figure.
  • traitement des eaux réalisé sur site avec un système en propre, avant rejet dans l’environnement : sur cette base, il reste 70 sites concernés.

Ces sites doivent alors s’engager à satisfaire nos critères de qualité pour les eaux usées, spécifiés dans notre cahier des charges.

En 2016, une analyse sera menée pour étudier les risques liés aux fournisseurs non inclus dans le programme et adapter les ressources.

70

sites de production concernés en 2015

Mobiliser et former les équipes en interne

Les évaluations environnementales sont réalisées par des évaluateurs internes préalablement formés sur les techniques d’audit, de prélèvement et sur les compétences liées au management des eaux usées.
Tout comme les conditions de travail, ces évaluations sont menées avant de débuter toute relation commerciale et réalisées à fréquence régulière.

Cette démarche simple et concrète sur la pollution de l’eau a su fédérer nos équipes de production sur le management environnemental. Nous allons pouvoir continuer sur cette dynamique pour traiter d’autres types de pollutions tels que les pollutions des sols et de l’air, sur un périmètre élargi de sous-traitants.

Jérémie Piolet, chef de projet environnement et responsable du projet

Contrôler la qualité des eaux industrielles

Notre cahier des charges comprend 15 paramètres à tester, couvrant les principaux risques pour les populations riveraines. Chaque paramètre testé doit être conforme à la limite la plus exigeante entre celle fixée par la réglementation locale et celle fixée par Decathlon. Pour vérifier la conformité avec ce cahier des charges, l’auditeur réalise un prélèvement des eaux traitées et envoie les échantillons à un laboratoire externe. Les résultats sont transmis sous 15 jours au fournisseur. Dans le cas où ils ne seraient pas conformes avec les limites fixées, nos équipes sur place accompagnent le fournisseur pour corriger le problème.

Notre cahier des charges sur les eaux usées en évolution.

Notre cahier des charges couvre les principales substances chimiques dangereuses responsables de la pollution de l’eau. Dès 2017, notre cahier des charges s’appuiera sur les normes internationales de qualité des eaux usées définies par la Banque Mondiale. De plus, nous suivons les avancées du groupe de travail ZDHC (Zero Discharge of Hazardous Chemical), dont les travaux sont publics et font référence sur certaines substances dangereuses. Nous étudierons la faisabilité d’intégrer ces substances dans notre cahier des charges en 2017.

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L'évaluation des fournisseurs, témoignage Candice Lee, Responsable DD en production
  • Au cours de l’évaluation d’un fournisseur, tu as relevé un problème sur la qualité des eaux usées après traitement. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

    Oui, nous avons prélevé un échantillon d’eau à la sortie de la station d’épuration et l’avons fait analyser, et une des substances mentionnées dans notre cahier des charges était présente en quantité supérieure à celle autorisée par la réglementation locale. Les responsables du site ont été surpris car ils font analyser des échantillons deux fois par ans par un laboratoire externe et ils obtenaient alors des résultats satisfaisants par rapport à nos critères.

  • Sais-tu quelle était la cause de cette non-conformité ?

    Nous nous sommes rendu compte avec le fournisseur que le lit bactérien utilisé pour traiter biologiquement les substances chimiques résiduelles avait été endommagé suite à un tremblement de terre, et que des pluies importantes avaient emporté la moitié des bactéries restantes.

  • Quelle solution avez-vous mis en place pour éviter que cela ne se reproduise ?

    Le fournisseur a commencé par réparer le lit bactérien, et nous avons convenu de nommer un responsable de la station d’épuration pour contrôler régulièrement la qualité de l’eau et réagir en cas de problème. C’est une très bonne réaction de sa part car le management au quotidien de la structure technique par un membre de l’équipe du site est une solution efficace sur le long terme, nous la recommandons vivement pour anticiper les non-conformités.

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Un des techniciens de la station d’épuration effectuant un prélèvement d’eau avant rejet.

Fiche technique :
Fournisseur concerné : Jade Long John Enterprise Co.,
Activité : teinture textile
Localisation : ChangHua county, Taiwan.
Nombre d’employés : 160
Ancienneté dans notre panel : 6 ans
Quantité d’eaux usées rejetées : 73,6m3 /jour
Cours d’eau de déversement : Donggou gutter
Autre(s) activité(s) dépendante(s) de ce cours d’eau : Agriculture

Nos priorités

En 2016, en plus des résultats des échantillons d’eau testés, nous serons attentifs au fonctionnement de la station d’épuration ainsi qu’aux stockage des boues et des déchets dangereux entraînant des risques de pollution des sols. L’objectif est d’éviter que ces boues et déchets dangereux soient lessivés par la pluie. En 2017, nous souhaitons mieux accompagner, former et coacher un nombre grandissant de fournisseurs ; et traiter également les enjeux liés à la qualité de l’air. Cela sera possible en renforçant nos équipes de responsables DD en production, sur le terrain, au plus proche des fournisseurs.

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extrait du livret pédagogique fourni à nos sous-traitants sur les bonnes et mauvaises pratiques de stockage des déchets dangereux.

Les équipes de conception ont lancé en 2015 le projet “CO2 supercritique” (appelé également Process “Dry Dyed©”*). Ce procédé de teinture fonctionne en circuit fermé pour teindre un composant textile sans utiliser d’eau.

Plus d’information sur l’éco-conception des produits Decathlon.

Accompagner le progrès

En 2015, les équipes ont identifié des bonnes pratiques et déterminé les exigences minimales en matière de qualité de l’eau. Leurs observations sont reprises dans la grille d’audit lancée en 2015. Cette grille est associée à un barème et à des prises de décisions :

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Lorsque les résultats ne sont pas conformes aux limites fixées (note E), le fournisseur dispose de 6 mois pour identifier la cause et corriger le problème, avec l’appui de nos équipes sur place. S’il s’agit d’un nouveau sous-traitant, nous ne mettons pas en place de relations commerciales avant sa mise en conformité.

Nos résultats Depuis le début de ce programme en 2014
54fournisseurs (au 31/12/2015)

ont été évalués sur la qualité de leurs eaux usées (dont 17 en 2015). 90% sont conformes à notre cahier des charges, soit 77% des fournisseurs concernés par ce programme, sur la base des sous-traitants toujours référencés dans le panel des fournisseurs de DECATHLON au 31/12/2015.

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Echange entre nos responsables DD en production basés en Inde et le responsable d’une station d’épuration, dans le nord de l’Inde.