Veiller sur la santé et la sécurité des utilisateurs

Depuis la conception de ses produits jusqu’au service après-vente, Decathlon met en place des solutions pour gérer les risques liés à la composition de ses produits que ce soit pour ses clients ou pour les opérateurs qui les fabriquent. Depuis 2007, une équipe dédiée anime transversalement le sujet, déploie outils et formations, et suit de près les solutions techniques disponibles pour substituer certaines substances à risques des produits Decathlon.

Substance à risque

Une substance est considérée comme « à risque » lorsqu’elle présente un danger avéré ou supposé pour la santé et la sécurité des hommes, et pour l’environnement.
Les états interdisent ou limitent l’utilisation de certaines de ces substances à travers leurs réglementations (REACH en Europe, CPSIA aux USA, …). Les substances concernées doivent être absentes ou en deçà des limites de tolérance.

Des équipes à pied d’œuvre en amont et en aval de la chaîne

Une équipe centrale :
Trois personnes sont en charge du projet global et déterminent les substances risquées, les seuils de tolérance, les méthodes de tests et la fréquence des contrôles. Les sous-traitants de Decathlon s’engagent à respecter chacun de ces seuils en signant la Restricted substances list (RSL) de Decathlon.

Depuis 1998, Decathlon surveille la composition de ses produits.

En plus de la réglementation, les équipes exercent un contrôle permanent et peuvent décider de ne plus utiliser, voire d’interdire l’utilisation d’une substance qu’elles considéreraient comme risquée.

Ils exercent aussi une veille constante pour identifier les substances et les solutions pour prévenir, réduire ou réparer les risques associés, et assurent la qualité de la relation avec les clients sur ces sujets.

La relation client au cœur de nos préoccupations.

    – Durée moyenne avant première réponse apportée au client sur des questions en lien avec les substances présentes dans nos produits : 3,7 jours en 2015 / 3 jours en 2014
    – Durée moyenne de la procédure sur des questions en lien avec les substances présentes dans nos produits : 36 jours en 2015 (18 jours pour les questions, 40 jours pour les cas de réactions cutanées) / 40 jours en 2014 (441 cas traités en 2015

En 2015, nous avons porté nos efforts sur la formation d’équipes en charge de la relation clients de plusieurs pays. En France, en Allemagne, en Espagne, en Italie et en Chine, des relais sont autonomes pour apporter des réponses satisfaisantes en cas de réclamations sur ces sujets (environ 80% pour motif de réactions cutanées), et un relais sera également nommé en Russie et en Inde en 2016. Le temps de traitement de ces dossiers devrait donc diminuer dans les mois à venir.

Un réseau de relais structuré :
Présents dans les équipes de marque et de processus industriel, les directeurs qualité mettent en place les plans de contrôle des produits, suivent les sous-traitants sur la signature de la RSL, et sont acteurs dans les cas de non-conformité.

En pays, des relais (missionnés de 10% à 20%) sont présents dans les équipes en charge de la production et déploient la démarche sur le terrain, auprès des sous-traitants.

84%

des collaborateurs sont formés à la toxicologie

team (1)
Des “toxi week” pour former tous les relais en pays

2 semaines sont organisées en 2015 (une en Italie et une en Chine) avec les relais pays afin de les faire monter en compétence et de les rendre autonomes sur la prise de décision locale en cas de non-conformité sur leur périmètre.

La formation à la toxicologie est intégrée au plan de formation des équipes de conception et de production (ingénieur produit, ingénieur composant, production leader et responsable qualité en production). Ainsi, 305 personnes sont formées en 2015.

En chiffres :
1 relais en Marques Passion, dédié au marques de sports nautiques.
7 relais en univers industriel
24 relais en pays

 

Restricted Substances Lists et tests de contrôle

L’objectif de la RSL est de clairement définir pour les sous-traitants les substances à risque que nous interdisons ainsi que les seuils de tolérance associés. Elle est régulièrement mise à jour, afin de prendre en compte :

  • les évolutions réglementaires des pays où Decathlon est implanté.
  • la réglementation des nouveaux pays d’implantation, afin de l’intégrer lorsque celle-ci est plus contraignante. Cette exigence que se fixe Decathlon est un challenge dans un contexte de développement de l’entreprise dans de nouveaux pays.
  • les études toxicologiques sur les substances non réglementées.
  • l’amélioration des connaissances des processus de production.
  • l’évolution des méthodes de tests qui permettent de baisser les seuils.

Auparavant, les exigences de la RSL portaient uniquement sur le produit fini et ses composants. En 2015, nous avons voulu avancer sur l’anticipation des risques en organisant un contrôle des produits entrants chez les sous-traitants. Cette nouvelle contrainte, en limitant l’entrée de produits chimiques dangereux dans l’usine, tend à mieux protéger les employés et l’environnement ainsi qu’à améliorer la qualité des produits.

Travailler seul sur ces sujets n’est pas viable, et nous souhaitons harmoniser nos pratiques avec les autres industriels du secteur, car cela facilite la mise en application des exigences pour les sous-traitants. Il est donc préférable de commencer avec une version beta partagée avec d’autres organisations et de l’améliorer en continu, plutôt que de multiplier les exigences hétérogènes par manque de synergie.

Frederic Felipe, Responsable management substances chimiques

Cette exigence nous a amenés à compléter notre RSL. Un groupe de travail dont les travaux sont publics et font référence, ZDHC (Zero Discharge of Hazardous Chemical), a publié une MRSL fin 2014 . Nos équipes se sont appuyées dessus pour fixer la liste des substances et seuils de tolérance de Decathlon.

Nos sous-traitants impliqués % de sous-traitants ayant signé la dernière version de la RSL de Decathlon
86% VS 83% en 2014

Tous nos sous-traitants sont concernés par cette démarche et s’engagent à n’utiliser aucune des substances référencées. Ils sont contrôlés tous les 3 mois, tous les 6 mois ou tous les ans, selon les typologies de produits manufacturés.
En cas de risque avéré pour le client, la production est stoppée et les produits sont détruits.

Les produits sont principalement testés avant leur expédition depuis le pays de production (tests réalisés par des laboratoires externes et indépendants). Cela permet de s’assurer que les produits livrés aux magasins ne contiennent pas de substances non conformes. Des tests sont également réalisés une fois les produits disponibles à la vente, pour identifier toute dérive de production éventuelle.

Les produits sont testés pour vérifier leur conformité avec nos exigences. 97,81% de ces tests se sont révélés conformes. Decathlon fait preuve de pro-activité et va au-delà des contraintes réglementaires pour assurer la sécurité de ses clients.

5 803

produits testés en 2015

Les tests permettent d’identifier les risques le plus en amont possible, jusqu’à l’après-vente si un produit est mis en cause.

En résumé :

  • Avant de lancer la production, signature d’un document cadre (la RSL) par les sous-traitants.
  • A plusieurs étapes clés, des tests sont réalisés. Ils concernent l’ensemble des produits mais peuvent aussi cibler plus particulièrement les gammes de produits les plus sensibles (baby, jouets, contact alimentaire).
  • Si besoin, des actions de protection du consommateur, telles que le retrait de la vente ou le rappel client, sont implémentées.

Substances à risque : Decathlon en action

Suppression des phtalates dans nos chaussures :
Les phtalates sont des plastifiants, c’est-à-dire des molécules utilisées dans les plastiques pour les rendre plus flexibles. Dans le cadre de l’homologation de nos chaussures pour le marché turc, nous avons réalisé une batterie de tests qui ont démontré la présence de certains phtalates interdits par la réglementation locale. La chaussure est un des produits les plus à risque sur ce sujet car elle est en contact prolongé avec la peau. Il est complexe de travailler à la suppression des phtalates dans ce produit car la fabrication de chaussures est un procédé industriel nécessitant de nombreuses étapes pour assembler différentes typologies de composants. Pour travailler à leur suppression dans ces produits, nous avons recruté en 2014 un pharmacien dont les travaux bénéficient à l’ensemble des pays de distribution. Il participe également aux travaux de groupe de travail de normalisation de l’Afnor sur le cuir et chaussures.

Par rapport à l’industrie pharmaceutique où nous approchons du risque chimique zéro, l’industrie des articles de sport a encore devant elle une marge d’amélioration. Chez Decathlon, de nombreux projets sont à l’œuvre pour aller dans ce sens.

Romain Papin-Vincent, responsable de la gestion du risque chimique
DSC_0002_3
La suppression des phtalates dans nos chaussures Romain Papin-Vincent, Responsable de la gestion du risque chimique pour le processus industriel chaussure.
  • Quel est ton rôle ?

    Mon rôle est de traduire les connaissances actuelles en toxicologie en règles simples, utilisées par les équipes de conception et de production des chaussures, afin de les amener à être autonomes sur la gestion des substances chimiques. Par rapport à l’industrie pharmaceutique où nous approchons du risque chimique zéro, l’industrie des articles de sport a encore devant elle une marge d’amélioration. Chez Decathlon, de nombreux projets sont à l’œuvre pour aller dans ce sens.

  • Pourquoi travailler sur les phtalates en particulier ?

    Une partie de l’augmentation des problèmes de fertilité dans le monde est due aux perturbateurs endocriniens, dont certains phtalates font partie. La Turquie a mis en place un contrôle strict sur la présence de ces substances dans les chaussures importées. Comme nous jugeons que cette démarche va dans le bon sens, nous avons décidé d’aller plus loin et, quel que soit le marché, nous appliquons cette même exigence.

  • Pourquoi est-ce si complexe de les éliminer ?

    Pour qu’un phtalate joue son rôle de plastifiant, il doit être présent en forte concentration dans le produit et donc si son utilisation est intentionnelle alors elle est visible. Notre première étape de travail a été de mettre fin à ces pratiques chez nos sous-traitants. Par contre, nous les retrouvons encore aujourd’hui comme contaminants, à très faible concentration dans nos produits. Cela s’explique du fait que tous les donneurs d’ordre n’ont pas harmonisé leur stratégie d’élimination du risque lié aux phtalates. Les sous-traitants produisent donc pour d’autres marques et quand nos produits arrivent sur les lignes de production, ils peuvent être contaminés par des substances que nous bannissons.

  • Quelles bonnes pratiques as-tu déjà mis en place ?

    Tout d’abord, nous avons mis en place un contrôle des phtalates de l’ensemble de nos produits dès le lancement de la production, avec des équipes formées et autonomes sur le sujet. C’était important de faire une photo globale de la situation pour mettre en exergue les sites de production problématiques.
    Aujourd’hui mon défi est de sensibiliser les sous-traitants aux risques liés à certains phtalates. Dès que nous détectons un produit non conforme avec nos exigences, nous formons directement les employés du site de production concernés par le management du risque chimique : comment s’assurer que les produits qui entrent dans son usine soient sans phtalates, comment nettoyer les équipements, comment former les opérateurs…
    Pour mieux maîtriser ces risques, nous devrons former au fur et à mesure tous nos sous-traitants.
    En cas de problème récurrent chez un sous-traitant, nous pouvons être amenés à bloquer la production de l’ensemble de nos produits car cela démontre que le management est défaillant et donc que le risque porte sur l’ensemble de la production.

  • Quels sont les résultats obtenus ?

    100% des produits sont testés lors de leur développement pour vérifier leur conformité avec nos exigences sur les phthalates. A chaque contrôle non conforme, nous avons travaillé en profondeur avec le sous-traitant pour mettre en place des actions correctives long terme sur son site.
    Ces actions payent aujourd'hui, nous avons baissé de plus de 90% notre taux de non-conformité en Turquie.

  • Quelle suite donneras-tu à ce projet dans les mois à venir ?

    A l’avenir, nous souhaitons que l’ensemble de nos sous-traitants aient acquis la maîtrise de ce sujet, grâce à une animation similaire à celle sur la responsabilité humaine en production. Ceci nous amènera à réduire notre fréquence de contrôle, car nos sous-traitants travailleront alors en autonomie et le risque sera diminué.

Vers le “PFC free “

La déperlance d’un textile désigne sa capacité à laisser glisser l’eau sur sa surface, sans qu’il l’absorbe. Ainsi le textile ne se gorge pas d’eau et reste léger, respirant et chaud pendant la pratique. Elle s’obtient généralement par un traitement composé de perfluocarbures (PFC), appliqué sur la face externe du textile. Considérés comme faisant partie des substances « extrêmement préoccupantes » par l’Agence européenne des produits chimiques, les équipes de Decathlon travaillent activement à la suppression des PFC en repensant le procédé industriel permettant d’obtenir la déperlance.

Détection des NPEOs

Les NPEOs sont utilisées par de nombreux sous-traitants lors de la phase de teinture et de lavage des produits textiles. Nous surveillons la présence de ces substances (reconnues comme un produit toxique pour les organismes aquatiques, et comme un potentiel pertubateur endocrinien chez l’homme) sur tous nos produits contenant du textile ou du cuir. Elles font partie de notre liste des substances interdites depuis 2012.